Les victimes de traumatismes crâniens sévères ou modérés sont responsables de troubles cognitifs importants. Ces troubles sont essentiellement de multiformes.

Ils peuvent atteindre les fonctions mémorielles, sont constitués également de troubles de l’attention, de ralentissements cognitifs, mais également et surtout de déficits des fonctions exécutives. Les proches des victimes de traumatisme crâniens se plaignent, quant à eux, de la modification de la personnalité et du comportement de la victime.

Associées à une fatigabilité plus importante que la moyenne, les victimes de traumatisme crânien sont des personnes fragiles qui ont besoin d’une prise en charge adaptée et qualitative.

Pour autant, les progrès dans la prise en charge depuis la dernière décennie sont une source d’espoir importante et plus particulièrement dans le domaine de la rééducation cognitive et de la réadaptation-réinsertion. Pour ce faire, le rôle du neuropsychologue est primordial.

L’évaluation des troubles de l’attention chez le traumatisé crânien

Le neuropsychologue va procéder à l’évaluation des troubles de l’attention chez le traumatisé crânien.

Il s’agit d’évaluation des fonctions intellectuelles supérieures ou cognitives. Pour cela l’entretien clinique est important tout comme les observations du comportement. Le médecin va évaluer les fonctions instrumentales soit le langage, les praxies, les gnosies.

Ces évaluation sont très importantes pour l’expertise médicale qui permettra d’évaluer les préjudices de la victime d’un accident.

De la même manière le neuropsychologue va procéder à l’évaluation de la mémoire ainsi que des fonctions attentionnelles et exécutives.

Cette démarche est faite pour la mise en place d’un projet de prise en charge globale et réadaptatif. Le soutien psychologique a une place importante pour que le traumatisé crânien puisse évoluer favorablement. Aussi le neuropsychologue devra collecter des informations auprès des familles, du personnel soignant et des institutions.

Qu’elles sont les causes et les effets des troubles de l’attention chez le traumatisé crânien ?

Les troubles de l’attention chez le traumatisé crânien sont dus à un syndrome frontal que l’on appelle le syndrome dysexécutif. En effet, les fonctions exécutives jouent un rôle dans l’adaptation du sujet aux situations de la vie quotidienne.

Elle permettent d’effectuer des tâches non routinières ou nécessitant l’inhibition d’un schéma d’action prépondérant ou complexe.

Quels sont les différent troubles de l’attention chez les traumatisés crâniens ?

Il y a une grande variabilité dans les troubles attentionnels comme au niveau du degré de conscience qui devient limité avec des fluctuations de l’éveil et du sommeil. De la même manière, la victime d’un choc frontal peut avoir des difficultés à se concentrer (lectures, films) ou une distractivité accrue et nNous l’avons déjà vu, une fatigabilité et parfois même une intolérance aux bruits.

Le syndrome frontal peut être dans l’incapacité à mener plusieurs activités simultanées (attention divisée) ou bien de suivre une conversation.

L’une des difficultés nécessitant l’aide d’une tierce personne est liée au fait de devoir gérer les priorités et à ne pas de se mettre en danger. La sécurité doit être assurée et malheureusement les victimes de traumatisme cérébral sévère peuvent avoir une désinhibition du danger. Afin de pallier à cela, l’assistance d’une personne sera d’une grande aide.

Autre troubles de l’attention, le ralentissement moteur et ou de l’idéation sont régulièrement constatés.

Pourquoi les fonctions exécutives sont indispensables au fonctionnement cognitif d’un individu ?

Elles sont un mécanisme d’alerte. Elles permettent de faire prendre conscience à l’individu d’un événement ou d’un danger possible. Ces fonctions sont également indispensables lors d’une analyse élaborée d’une situation demandant réflexion ou non routinière. Ce sont des fonctions associées à la notion de concentration ou à la réflexion.

Ces fonctions sont également en lien étroit avec d’autres systèmes cognitifs (accès en mémoire de travail, système superviseur de contrôle). Elles permettent d’intégrer des informations indépendantes : Variété de composantes et non des processus unitaires.

De la même manière elles permettent de sélectionner et intégrer les informations pertinentes parmi plusieurs champs de perception. Il s’agit d’un filtre surmontant la limitation des ressources et contrôlant le flux d’informations. Elles sont tributaires des fluctuations de l’efficacité du système cognitif, en fonction de l’état de vigilance, de la vitesse.

Ainsi elles sont en lien avec les processus émotionnels et motivationnels. Elles permettent de réduire les bruits internes ( physiologiques ou cognitifs). Elles s’appuient sur des processus automatisés et/ou sur des processus analytiques conscients. L’attention mobilise un réseau d’aires corticales.

Quelles sont les capacités des troubles de l’attention chez le traumatisé crânien ?

Elle sont malheureusement limitées, pour chacun. Certes, il y a une grande variabilité inter-individuelle. Mais globalement elles sont limitées chez le traumatisé crânien.

Aussi, il est très important de les identifier et d’en faire état lors de l’expertise médicale. Votre avocat en droit médical va sensibiliser l’expert sur ces éléments afin d’obtenir une bonne évaluation de vos troubles et handicap.

Ainsi, si la victime d’un accident et plus particulièrement d’un traumatisme crânien va nécessiter une évaluation précise, elle concerne particulièrement ses possibilités de traitement de l’information.

Pour évaluer la vitesse de traitement, on peut utiliser des logiciels informatiques, ou avec des tests tel que le symbole, la WAIS, le TMTA.

La flexibilité du sujet est également évalué. Il s’agit de la capacité à pouvoir passer d’une chose à une autre. Elle s’explore avec le test TMT. Elle fait intervenir plusieurs processus : il faut désengager, faire le mouvement, et réengager son attention pour mettre en évidence l’héminégligence visuelle. On met aussi en évidence des persévérations, et la rigidité mentale.

En ce qui concerne l’attention sélective ou focalisée, on demande à l’accidenté de se centrer sur quelque chose de particulier. Difficile si distractibilité ou persévérance. Se teste avec le D2 qui permet aussi de voir la vitesse de traitement de l’information. Se teste aussi avec le test de Stroop.

Pour ce qui est de l’attention divisée, il s’agit de la capacité à pouvoir faire deux choses en même temps. Se teste avec la double tache de Baddeley.

Des difficultés pour évaluer ces troubles.

Les difficultés sont liées au fait que les troubles ne sont pas toujours objectivables. Ils sont liés aux sujets : fluctuations fréquentes de l’efficience, problèmes des consignes
(compréhension, oubli) ou bien la situation de tests est différente des AVQ, niveau socio-culturel.

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Les difficultés sont également liées aux tests. Avec un manque de sensibilité de l’épreuve (effet plafond et plancher), intervention de différents processus cognitifs, problèmes des normes et cut-off.

Comme vous pouvez le constater, les troubles de l’attention chez le traumatisé crânien constituent un handicap conséquent. Il nécessite une évaluation précise pour permettre de trouver les meilleurs solutions d’indemnisation de la victime.

Un avocat en droit de la santé aura les compétences pour permettre à la victime d’obtenir la meilleure indemnisation possible.